DÉTERMINATION DU TEG / TAEG
DETERMINATION DU TEG / TAEG
L’institution de microfinance a accordé un prêt de 10 000 000 au taux de 1.45 % par mois pour une durée de 5 mois.
Elle établit un tableau d’amortissement pour un prêt amortissable avec mensualités constantes de 2 087 834,89 (arrondissons à 2 087 835 pour simplifier les explications) pendant 5 mois, pour un capital emprunté de 10 000 000.
Voici ci-dessous ce tableau
| EMPRUNT de 10 000 000 : taux annoncé 1,45% par mois | ||||
| Mois | Capital restant dû avant la période | Amortissement du Capital | Intérêt au taux mensuel de 1,45% | Mensualité constante (taux actuariel) |
| 1 | 10 000 000,00 | -1 942 834,89 | -145 000,00 | -2 087 834,89 |
| 2 | 8 057 165,11 | -1 971 005,99 | -116 828,89 | -2 087 834,89 |
| 3 | 6 086 159,12 | -1 999 585,58 | -88 249,31 | -2 087 834,89 |
| 4 | 4 086 573,54 | -2 028 579,57 | -59 255,32 | -2 087 834,89 |
| 5 | 2 057 993,97 | -2 057 993,97 | -29 840,91 | -2 087 834,89 |
| 0,00 | -10 000 000,00 | -439 174,43 | -10 439 174,43 | |
Voici les éléments clés extraits :
- Capital initial : 10 000 000
- Mensualité : 2 087 834,89 chaque mois
- Durée : 5 mois
- Intérêts totaux payés sur la durée : ≈ 439 174 (somme des colonnes intérêts : 145 000 + 116 828,89 + 88 249,31 + 59 255,32 + 29 840,91)
- Total remboursé : 5 × 2 087 834,89 = 10 439 174,45
- Coût total du crédit (intérêts) : 439 174,45
Dans cet emprunt, le tableau ne mentionne aucun frais annexe mentionné (frais de dossier, assurance, garantie, etc.), aussi le TEG est égal au taux débiteur actuariel du prêt .
Méthode de calcul du TEG/TAEG
Le TEG/TAEG est le taux actuariel mensuel i qui vérifie l’équation d’équivalence des flux :
10 000 000 = 2 087 834,89 / (1+i) + 2 087 834,89 / (1+i)² + 2 087 834,89 / (1+i)³ + 2 087 834,89 / (1+i)⁴ + 2 087 834,89 / (1+i)⁵
C’est la définition réglementaire (actualisation des flux).
Résultat
Le taux mensuel indiqué dans votre question (1,45 %) est bien le taux débiteur mensuel appliqué pour construire le tableau (intérêts = capital restant × 1,45 % chaque mois).
Et comme le tableau est cohérent avec ce taux de 1,45 % mensuel, le TEG (taux annuel effectif global) correspondant est :
≈ 18,90 % à 19,00 % (valeur précise autour de 18,95 % selon les arrondis du tableau).
Formule à utiliser en EXCEL
En Excel on utilise la fonction TRI qui permet d’actualiser les flux
Soit : (1+TRI(A1:A6))^12-1
En A1 on indique le montant de l’emprunt à l’origine (ici 10 000 000 signe + ), de A2 à A5 il s’agit des mensualités constantes (ici 2 087 834.89 par mensualité, attention à bien mettre le signe -))
Le petit symbole ^ signifie puissance. Pour une durée de 12 mois il s’agit de puissance 12 en taux actuariel.
Explications
Taux mensuel donné : 1,45 %
- Taux annuel nominal (simple) : 1,45 % × 12 = 17,40 %
- Taux annuel effectif (composé) : (1 + 0,0145)¹² − 1 ≈ 18,95 %
C’est cette dernière valeur qui constitue le TEG/TAEG dans votre cas (hors frais supplémentaires).
Donc, pour l’emprunt de 10 000 000 au taux de 1.45 % par mois, le TEG est de 18,95 %
Quand il y a des frais de dossier, des frais d’assurance ou d’autres coûts obligatoires non indiqués dans le tableau, il faudrait les ajouter aux flux pour recalculer un TAEG lequel sera naturellement supérieur.
exemple :
Taux annuel Sans assurance19,56%
Avec assurance (TEG)24,37%
L’assurance augmente significativement le coût réel du crédit.
A propos de l’école de la microfinance
ATALIA Certification certifie que l’école de la microfinance a été évaluée et jugée conforme aux exigences requises par le Référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences.
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Les taux d’intérêts très élevés ont d’importantes conséquences pour la croissance économique
Les taux d’intérêt en Afrique sont déterminés par les banques centrales pour contrôler l’inflation et stabiliser les monnaies.
Les banques commerciales et les établissements de microfinance appliquent des taux de prêt très élevés tenant compte des taux directeurs des banques centrales et de marges importantes pour couvrir les risques
Il en résulte des taux extrêmement élevés qui freinent l’investissement :
- Les ménages repoussent l’achat de biens importants (logement, voiture, équipement professionnel)
- Les entreprises, surtout les PME, empruntent moins car le coût du crédit devient trop lourd.
- Moins d’investissement → moins d’emplois, moins d’innovations.
- La demande globale baisse → les entreprises vendent moins → ralentissement économique
Les taux d’intérêt élevés augmentent le coût du crédit pour les entreprises.
Les banques financent l’économie
- Les grandes entreprises ou les secteurs exportateurs (pétrole, minerais) s’endettent en dollars à des taux peu élevés.
- A l’inverse, les agriculteurs, artisans ou commerçants locaux subissent les taux locaux très élevés.
- Les PME, moteurs de l’emploi et de l’innovation en Afrique, ne peuvent investir car elles n’obtiennent pas de retour sur leurs investissements du fait du coût trop élevé des crédits,
- Les banques privilégient le financement des activités existantes en octroyant des prêts à moyen/long terme mais aussi en finançant la trésorerie (par exemple avec l’affacturage : la banque « achète » les factures et se charge de les recouvrer ou avec le financent du stock, les crédits greniers, ou encore avec l’acceptation d’un découvert.)
Les établissements de microfinance ont pour finalité de faire des prêts mais aussi de faire de l’accompagnement.
Les clients des établissements de microfinance sont des autoentrepreneurs, des TPE mais aussi des femmes du marché, des emprunteurs ruraux ou encore des artisans qui ont besoin de financer des équipements.
Les établissements de microfinance se distinguent des banques spécifiquement du fait :
- de la clientèle, provenant de couches vulnérables, qui recherche le financement d’une activité génératrice de revenus.
- des montants des prêts très peu élevés.
- de la faible durée des prêts quasiment toujours inférieurs à 12 mois.
- de l’absence de véritables garanties, les garanties étant remplacées par la pression sociale et parfois par des prêts collectifs à un groupe solidaire ou chaque emprunteur garantie l’ensemble du prêt.
- par une excellente connaissance de l’emprunteur par l’établissement prêteur qui enquête sur la moralité et les conditions de vie de ses clients.
- par des taux d’intérêts des prêts très élevés.
Pourquoi les taux d’intérêts sont-ils si élevés en microfinance ?
- Le taux d’intérêt nécessaire à l’autosuffisance financière d’une IMF doit couvrir l’ensemble des charges de fonctionnement (salaires du personnel, loyer de l’agence, couts informatiques, amortissements… ainsi que le coût des formations dispensées) et le coût des pertes sur créances douteuses (cout du risque).
- Les coûts de fonctionnement des IMF sont souvent largement supérieurs à ceux des banques du fait du suivi personnalisé de leur clientèle, des remboursements des échéances en espèces ou encore de la nécessité de se déplacer pour visiter les clients dans les zones rurales.
Ils comprennent des charges que les banques classiques ignorent comme les frais de formation et le coût des actions d’accompagnement des emprunteurs, mais aussi les charges liées aux remboursements en espèces à périodicité généralement hebdomadaire.
Outre ces éléments, le niveau élevé de taux d’intérêt pratiqués par les IMF résulte aussi :
- Du coût des ressources pour l’IMF pour constituer le fonds de crédit.
- Du faible rapport des intérêts lesquels même à un taux élevé rapportent peu s’ils portent sur un micro capital, contrairement aux prêts des banques quand le capital emprunté est élevé.
- Des coûts de mises en place du prêt qui nécessitent autant de temps d’analyse du dossier et de procédures pour un micro crédit que pour les grosses transactions
- D’un cout du risque très élevé en particulier lors du premier financement par un micro crédit d’une activité génératrice de revenus.
- De transactions dans des monnaies faibles : il ne faut pas comparer des taux de pays à la monnaie faible avec les meilleurs taux pratiqués dans des pays à la monnaie forte.
Les taux d’intérêts très élevés, n’en demeurent pas moins inférieurs au taux de l’usure
- Les taux des microfinances (parfois > 30 % pour les microcrédits, sauf dans les zones qui ont imposé un taux d’usure ; exemple BCEAO 24 %) sont totalement excessifs : Les petits agriculteurs, artisans ou commerçants locaux subissent les taux locaux élevés qui sont très difficiles à rembourser.
- Par contre le recours au crédit informel (taux souvent > 100 %/an) entraine plus de pauvreté, du désespoir souvent.
Dans ces conditions, les bénéficiaires des prêts des microfinances acceptent des taux élevés surtout quand l’établissement de microfinance propose des formations et des conseils
Les formations à l’école de la microfinance pour tout savoir pour fixer un taux d’intérêt dans une banque commerciale ou une Institution de Microfinance (IMF).
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L’ÉPARGNE EN MICROFINANCE
L’épargne en microfinance joue un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté et dans l’inclusion financière.
Les rôles de l’épargne
- Apporter la sécurité financière : elle protège contre les incidents de la vie.
- Être autonome : elle permet de ne pas dépendre d’autrui.
- Permettre un investissement : elle constitue une base pour développer des activités génératrices de revenus.
- Pour les institutions de microfinance : les dépôts d’épargne permettent d’octroyer des prêts à la clientèle.
Les produits spécifiques de la microfinance
Dans les établissements de microfinance, on distingue :
-
L’épargne volontaire
L’épargne volontaire, chaque personne épargne à son rythme en général sur un compte d’épargne (compte sur livret)
-
L’épargne obligatoire
En exigeant une épargne obligatoire, l’institution de microfinance , oblige son client à épargner une certaine somme avant de lui octroyer un prêt.
LE CREDIT KANGOUROU
Parmi les produits d’épargne proposés par les institutions de microfinance, nous présentons ici le Crédit Kangourou qui consiste à augmenter le montant des échéances afin de permettre au client de se constituer une épargne tout en remboursant son crédit.
Le principe du crédit Kangourou : Le remboursement d’un emprunt avec constitution d’une épargne
Le principe de ce produit est qu’à chaque échéance du crédit KANGOUROU, une épargne s’accumule dans un compte et qu’elle permet de constituer une réserve d’argent qui est restituée aux clients en fin de prêt.
Argumentaire commercial
Le crédit Kangourou permet aux clients d’une agence de microfinance de constituer une épargne parallèlement à leurs remboursements d’emprunts.
Il s’agit d’un produit typique de microfinance.
Le crédit est à l’image du kangourou et « de son bébé nommé Joey ». Dès que le client commence à rembourser à rembourser son prêt, une petite somme complémentaire se glisse dans la poche (le compte d’épargne associé) de sa mère. A la fin du remboursement cette somme aura grossie et sera remise à l’emprunteur. L’image est que le bébé s’éveille et sort de la poche.
Public auquel il est proposé
Le crédit KANGOUROU est un produit de microfinance. Il s’adresse par définition aux emprunteurs des institutions de microfinance.
Il sera particulièrement apprécié des femmes du marché ou d’artisans qui ne parviennent pas à épargner mais qui remboursent bien leurs crédits car il propose la constitution d’un capital sans effort.
Le produit Crédit KANGOUROU peut être proposé pour un client mais il peut aussi être souscrit sous la forme de compte joint.
Par contre le produit n’est ouvert ni aux mineurs ni aux majeurs incapable.
Coût du produit pour le client
Le crédit KANGOUROU se vend dans les mêmes conditions qu’un crédit à la production.
Conditions spécifiques de durée, de montant…
Le client doit bien comprendre le principe du crédit KANGOUROU car il devra rembourser des sommes un peu plus élevées à chaque échéance que pour un crédit à la consommation classique.
Si le client souhaite la mise en place du crédit KANGOUROU, il doit prendre conscience qu’il devra disposer d’une capacité de remboursement suffisante avant de s’engager.
Comptabilisation du produit Crédit KANGOUROU
Dans la comptabilité de l’institution de microfinance on trouve deux produits totalement distincts :
- A l’actif du bilan parmi les concours à l’économie le produit « crédit KANGOUROU » qui enregistre le prêt.
- Au passif du bilan du coté des dépôts de la clientèle un produit « épargne KANGOUROU » qui enregistre la part d’épargne comprise dans l’échéance.
Conditions d’arrêté périodique du produit, modalités de calcul des intérêts
Les intérêts du crédit KANGOUROU sont calculés selon un plan d’amortissement classique d’un crédit.
Par contre à l’échéance constante de ce crédit est ajoutée une partie fixe qui permet la constitution de l’épargne.
La partie fixe est enregistrée sur un compte d’épargne à chaque échéance. Périodiquement généralement en fin de trimestre, ce compte est arrêté au taux de rémunération de l’épargne de l’établissement.
Garanties
Comme pour tous les prêts des institutions de microfinance, il est souhaitable de prendre une garantie avant l’octroi d’un crédit à la consommation comme le prêt KANGOUROU.
Il faut toutefois noter que l’épargne constituée au fur et à mesure des remboursements complète la garantie d’origine et qu’à la fin cette épargne devient plus importante que le montant restant à rembourser.
Il est prudent de prévoir dans le contrat de prêt que la partie épargnée peut être récupérée par l’agence de microfinance en cas de non remboursement d’une partie du prêt.
Un remboursement anticipé est possible.
Compte tenu de la vulnérabilité des clients en matière de produits de microfinance, il convient de prévoir que le remboursement anticipé est possible de la partie épargnée.
Comme le prêt est partiellement garanti par les dépôts d’épargne, les conditions du crédit doivent alors être modifiées par une hausse du taux d’intérêts. La perception d’une commission de pénalité est également souhaitable pour dissuader le client de casser son crédit KANGOUROU.
Bien entendu les modalités de ces pénalités doivent figurer très clairement au contrat.
ATALIA Certification certifie que l’école de la microfinance a été évaluée et jugée conforme aux exigences requises par le Référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences.
L’INCLUSION FINANCIERE
Y a-t-il des règles spécifiques pour permettre l’entreprenariat des femmes ?
Qui sont les établissements de microfinance ou les SFD systèmes financiers décentralisés
Les institutions de microfinance ciblent la clientèle spécifique des personnes n’ayant pas accès aux banques. Ainsi la microfinance permet de donner a tous l’accès aux activités bancaires et donne ainsi accès à l’autonomie financière.
Les établissements de microfinance proposent à leur clientèle la collecte de l’épargne, des prêts ainsi que des moyens de paiement.
La raison majeure pour laquelle une majorité de personnes n’a pas accès aux services des banques et en particulier au crédit bancaire tient à l’absence de garantie de cette clientèle laquelle exerce souvent son activité dans le domaine informel de l’économie ne tient pas de comptabilité ni ne paye aucune taxe.
Les femmes bénéficiaires de micro crédit sont souvent engagées dans une activité professionnelle dans le secteur informel.
Ces activités dans le secteur informel, qui ne demandent pas de qualification spécifique sont naturellement très précaires.
Le microcrédit s’est traduit par une reconnaissance élargie de la capacité des femmes à s’adonner à une occupation génératrice de revenus (assemblée générale du Conseil de l’Europe)
Les activités des femmes dans le secteur informel sont toujours très fragiles aussi en demandant un micro crédit, les femmes entrepreneurs recherchent à renforcer leurs moyens, à se diversifier, afin de ne plus être à la merci du plus petit aléa.
La microfinance a inventé les prêts solidaires pour garantir les prêts.
Nombre de microfinances ont commencé leurs activités en proposant des prêts solidaires c’est-à-dire des prêts consentis à un groupe de personnes (généralement 3 ou 4 personnes) qui répondent solidairement du bon remboursement du prêt collectif.
Cette forme de crédit solidaire, très contraignante pour la clientèle qui risque de devoir rembourser la part du prêt des autres membres du groupe, a été performante essentiellement auprès d’un public de femmes travaillant ensemble – par exemple les femmes du marché.
Les femmes se groupent assez facilement pour constituer une tontine ou réaliser des activités économiques en commun. Cela rend plus aisé la constitution de groupes solidaires, seule garantie du micro crédit. Ainsi la femme qui appartient à un groupe s’autonomise et devient moins vulnérable.
En effet dans un tel système, les bénéficiaires doivent très bien se connaitre pour pouvoir s’engager à rembourser la part de membres du groupe devenu défaillant
Les activités précaires se composent d’emplois de services peu qualifiés, souvent féminins. Ces métiers sont marqués par des revenus très faibles et souvent des conditions de travail pénibles.
Dans le système des prêts solidaires, les montants des prêts sont bien sur limités et peuvent par exemple permettre de constituer un stock plus important, d’investir un peu dans la sécurité mais surtout d’obtenir un tout petit peu d’autonomie.
L’action du micro crédit concerne encore dans certains établissements de microfinance jusqu’à 50 % des femmes réunies en groupes solidaires pour l’accession à des auto emplois rémunérateurs assurant leur vie matérielle et leur rôle social.
Les prêts individuels
Les prêts individuels répondent mieux aux besoins des très petites entreprises car il n’y a pas cette exigence de solidarité qu’on trouvait dans les prêts collectifs. Les montants sont généralement plus élevés et permettent véritablement l’inclusion financière par la création ou le développement de très petites entreprises.
Parmi la clientèle de prêts individuels, on trouve là encore une majorité de femmes qui veulent développer leur commerce ou leur très petite entreprise – petit restaurant, pressing… L’essentiel de l’aide envers une femme entrepreneur s’appuie sur la connaissance de son projet économique qui sera générateur de revenus.
Par contre la relation avec l’établissement de microfinance n’est plus la même et il est demandé beaucoup d’informations avant l’octroi du prêt qui peuvent être délicates à fournir et en particulier il est indispensable de préparer un petit business plan ; lequel permettra au micro financier de décider s’il accepte de faire le prêt ou non.
C’est à partir du business plan et de toutes les informations recueillies qu’il devient possible d’évaluer les besoins de financement bancaire.
Il faut ensuite apprendre à répondre aux questions précises des financeurs : qui seront vos clients ? Comment vous approvisionnez vous ? Quel sera votre lieu d’exercice ?
Une nécessaire formation pour devenir entrepreneur
Toutefois, pour obtenir un micro crédit il faut avoir un projet qui puisse être générateur de revenus.
Il faut au préalable s’assurer que le projet a de bonnes chances de réussite avant d’octroyer un prêt. Toutes les femmes pauvres n’ont pas nécessairement le potentiel pour devenir auto-entrepreneur. Une sélection de projets viables est donc nécessaire. Il est réalisé par l’agence de micro crédit.
La formation « entreprenariat féminin » vise à 3 objectifs :
- Identifier les besoins en financement des créatrices de la Très Petite Entreprise (TPE) même quand les apports en fonds propres sont très réduits et vérifier la viabilité du rythme de remboursement des emprunts.
- S’assurer de la viabilité du projet et de l’existence d’un marché suffisant pour la vente des produits proposés.
- Apporter les compétences nécessaires en comptabilité et en gestion pour maitriser l’activité dans la phase de lancement.
L’expérience montre que si les femmes sont si majoritaires pour demander un microcrédit c’est parce-que contrairement aux hommes, il leur est très difficilement possible de trouver un emploi salarié.
En effet les hommes trouvent à s’embaucher dans de nombreuses activités (En prenant l’exemple de Antsirananana à Madagascar : pêche, les crevettes, le port, la réparation navale, les salines, l’armée…).
Quand il existe, le microcrédit pour démarrer ou conforter une petite activité génératrice de revenus s’avère un soutien réel qui peut permettre une émancipation économique.
Pour les femmes les emplois salariés sont extrêmement rares et sélectifs. Pour des femmes peu instruites, souvent bloquées chez elles par la présence de plusieurs enfants, une activité à domicile avec un moyen de production acheté grâce à un micro crédit apparait comme la solution.
Le financement des activités des femmes démunies permet un essor économique et social.
Le financement d’une activité génératrice de revenus a un impact direct sur la vie quotidienne des bénéficiaires. Ainsi la mise en place d’un prêt pour une activité génératrice de revenus a souvent un lien avec l’intégration sociale des femmes et avec l’autonomisation des femmes.
C’est pourquoi, parmi les outils de développement, la micro finance nous apparait comme un outil majeur d’émancipation et de promotion de la femme pauvre.
La microfinance est un outil adapté pour lutter contre la pauvreté, elle stimule l’entreprenariat et le tissu économique
Des actions spécifiques en faveur des femmes
Le rapport du secrétariat général de l’ONU « Rôle du micro crédit et de la Micro-Finance dans l’élimination de la pauvreté », du 9/7/2007, note que les préjugés et obstacles culturels tendent à confiner les femmes dans certains types d’activités économiques à faible valeur productivité dans le secteur informel.
Des actions spécifiques en faveur des femmes doivent être mises en place par les ÉTABLISSEMENTS DE MICROFINANCE
Ces actions consistent à accompagner la création des autos emplois générateurs de revenus en leur donnant plus confiance en elles-mêmes pour surmonter les inégalités culturelles
La formation des bénéficiaires
L’objectif en introduisant le micro crédit dans les groupes de femmes est de promouvoir des initiatives économiques pérennes et de favoriser la mise en place d’un tissu économique et social, facteur de développement durable.
Toutefois on ne devient pas auto-entrepreneur simplement en recevant le montant d’un prêt d’argent. L’institution de microfinance doit prévoir une formation adaptée.
Les femmes très pauvres ont en effet besoin, au moins lors d’un premier prêt, d’acquérir une qualification, parfois technique mais plus généralement de gestion, afin de leur permettre d’une part de gérer et rembourser leurs prêts et d’autre part de développer au mieux leur activité.
Des formations sont organisées, souvent assurées par l’établissement de microfinance lui-même, dans le but de permettre à l’emprunteur de donner les meilleures chances de succès aux projets initiés dans le cadre du micro-crédit. Ces formations ont aussi pour objet, en expliquant le fonctionnement du cycle de crédit, son remboursement et les rudiments de tenue d’une comptabilité de dépenses recettes, d’améliorer la probabilité de remboursement de l’établissement de microfinance.
Des formations de formateurs en éducation financière sont nécessaires pour les formateurs des ÉTABLISSEMENTS DE MICROFINANCE afin de les sensibiliser aux difficultés propres à ces groupes vulnérables, parfois analphabètes, et leur permettre de réussir leurs formations.
Lien vers un article publié par MEDIAPART
Lire un point de vue totalement différent sur l’utilité de la microfinance pour les femmes.
par Lucile Daumas :
https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/171017/pourquoi-la-microfinance-s-interesse-t-elle-autant-aux-femmes
L'école de la microfinance


