FORMATION DU CHEF D'AGENCE EN MICROFINANCE

Chef d’agence en microfinance
Un chef d’agence bien formé garantit la performance de l’agence de microfinance, la satisfaction des clients et la maîtrise des risques.
Son niveau de compétence a un impact direct sur la réussite de l’agence.
Pourquoi les établissements de microfinance ont-ils besoins de chefs d’agences bien formés ?
Les établissements de microfinance ont besoin de chef d’agences qui ont une réelle légitimité. Pour l’acquérir, il faut des candidats qui soient à la fois des animateurs, qui sachent mobiliser et qui prennent les bonnes décisions.
Le chef d’agence est polyvalent par nature :
il est le premier commercial de l’agence : son rôle est d’élaborer et de mettre en pratique la politique commerciale de l’établissement de microfinance
Le chef d’agence possède aussi de bonnes aptitudes au management, il a appris à négocier, à être à l’écoute, il est organisé et rigoureux, diplomate, avec un sens de l’adaptation Il est pédagogue et forme ses équipes au quotidien. On attend alors de lui qu’il maîtrise l’ensemble des dossiers de l’agence, qu’il soit vigilant par rapport à la sécurité….
Il ne faudrait pas oublier non plus le rôle important du chef d’agence par rapport aux relations sociales locales.
Il est rare de trouver sur le marché du travail des personnes ayant toutes les dispositions pour devenir des chefs d’agences complets. Il est donc nécessaire d’entrainer les candidats sur l’ensemble des rôles qu’ils devront tenir.
– Plan de la formation –
Chef d’agence en microfinance
Module 1 : Introduction au secteur de la microfinance
Les objectifs de la microfinance
Rôle des agences et spécificités par rapport à la banque traditionnelle
Enjeux actuels (inclusion financière, digitalisation, réglementation…)
Module 2 : L’organisation d’une agence de microfinance
Organisation et fonctionnement d’une agence
Suivi des indicateurs d’activité (portefeuille, productivité, qualité de service)
Gestion des caisses et sécurité
Module 3 : Le Management, la motivation et leadership
Gestion d’équipe et animation de réunions
Motivations, évaluations et gestion des performances
Communication interne et gestion de conflits
Module 4 : Développer la clientèle
Techniques de prospection et fidélisation
Développement des produits de microfinance adaptés à la clientèle locale
Actions commerciales et gestion de la concurrence
Module 5 : La collecte de l’épargne
La collecte de l’épargne stable est indispensable pour vendre des crédits
Bien connaitre les produits d’épargne en microfinance
Savoir collecter les dépôts à terme.
Module 6 : La cartographie des risques en agence
Les risques liés aux crédits
Les risques opérationnels
Les risques liés à la conjoncture
Module 7 : L’organisation du contrôle interne, la prévention des fraudes
Il est indispensable de responsabiliser en imposant l’autocontrôle par chacun
Le contrôle interne de premier niveau réalisé par le hiérarchique
Le contrôle de second niveau réalisé par le contrôleur interne et par l’inspecteur
Module 8 : Analyse et gestion du portefeuille de crédit
L’analyse des dossiers crédits en agence (particuliers, entrepreneurs individuels et sociétés)
Savoir équilibrer les risques en fonction des activités économiques
Gestion des retards et recouvrement
Module 9 : Réglementation et Conformité
Le cadre règlementaire de la microfinance (Lois, rôle de la banque centrale, autorités de supervision)
Politiques internes et respect des procédures
lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT)
Module 10 : Outils numériques et systèmes d’information
Le Core Banking est au cœur de la transformation digitale des institutions financières
La Sécurité informatique et la confidentialité des données
Introduction à l’analyse de données pour décision
Module 11 : Gouvernance, éthique et protection des salaries et des clients
L’obligation de loyauté et d’information du client
Protection des clients et prévention du surendettement
La sécurité des biens et des personnes dans l’agence
Module 12 : L’analyse de la rentabilité de l’agence et les budgets
La compréhension de la comptabilité bancaire permettant d’apprécier la rentabilité des activités
L’analyse des résultats obtenus par l’agence
La maitrise du budget de l’agence
L’école de la microfinance
L’ÉCOLE DE LA MICROFINANCE (NANTES – FRANCE) organise depuis 2013 des formations destinées à un public de cadres et de dirigeants des banques et des institutions de microfinance, pour accompagner leur développement et leur professionnalisation.
Responsable d’agence de microfinance H/F
Le poste de responsable d’agence en microfinance
Dans un établissement de microfinance, le responsable de l’agence est la clé de voute du bon fonctionnement de son agence. Il est chargé de superviser et de coordonner les opérations de l’agence dans le cadre de la politique commerciale de la banque et de la réglementation de la microfinance.
D’après un rapport de la COBAC (Afrique Centrale) , « le défi majeur est celui d’encadrer la croissance de la microfinance , qui s’accompagne d’un nombre élevé de faiblesses recensées au niveau des établissements de Microfinance en activité (problèmes de gouvernance, gestion des risques inadaptée, absence de contrôle interne, capacité faible des acteurs, méconnaissance des dispositions règlementaires, etc.) »
Mission générale du poste de responsable d’agence en microfinance
- Il assure le développement, l’animation et la gestion de l’agence sous la responsabilité d’un directeur régional ou d’un directeur du Réseau.
- En fonction de critères liés à la localisation, à la compétence du Chef d’Agence, il bénéficie de délégations plus ou moins larges.
- Il est porteur et promoteur des valeurs spécifiques de l’établissement de microfinance.
Activités principales
Développement commercial
- Contribuer au développement et à la rentabilité de l’agence en participant à des actions promotionnelles au côté de son équipe.
- Développer et fidéliser la relation client
- Gérer et développer son propre portefeuille de clients
- Contribuer à l’amélioration de la qualité des portefeuilles
Suivi des objectifs et de la rentabilité de l’agence de microfinance
- Suivre les aspects comptables de l’agence de microfinance
- Proposer les objectifs annuels à sa direction
- Suivre les résultats et objectifs commerciaux de l’agence
- Rendre compte régulièrement à sa direction de rattachement des performances et du développement de l’activité.
Risques et contrôle interne
- Agir et décider dans le cadre de ses délégations
- Contrôler l’activité de l’agence
- Valider les dossiers envoyés aux engagements
- Suivre les risques de l’agence et mener des actions appropriées pour les limiter ou les résoudre.
- Apporter une culture RISQUE au sein de l’agence
- S’assure de la fiabilité des aspects matériels de l’agence (trésorerie, achats, sécurité…)
- S’assurer du bon respect des consignes en matière de cyber sécurité
Management
- Planifier, organiser, coordonner les activités de l’agence
- Assurer le coaching régulier de son équipe et accompagne les membres de son équipe
- Assurer les entretiens d’appréciation de son équipe en fonction de la délégation reçue
- Appliquer et faire appliquer la méthode commerciale préconisée par l’Institution de microfinance.
Stratégie de développement de l’agence
- Représenter localement l’institution de microfinance en particulier lors des évènements locaux
- Participer à des actions de formation à l’éducation financière
- Faire connaitre l’institution localement par des interventions de formation ou d’éducation dans tous les milieux (lycées, marchés, groupes…) dans le périmètre géographique de présence de l’agence.
Missions transversales
- Le responsable d’agence peut se voir confier des missions transversales dans les domaines du développement de l’institution de microfinance, de l’amélioration de procédures internes, du développement commercial ou encore du contrôle interne.
Vie institutionnelle (pour les établissements mutualistes)
- Participer aux réunions de Conseil de sa caisse pour les institutions ayant la forme mutualiste
- Rendre compte à sa hiérarchie des réflexions du Conseil ou des associations d’emprunteurs
- Participer à l’organisation de l’AG en lien avec son supérieur hiérarchique.
Profil / Compétences requises pour un chef d’agence
Connaissances et compétences techniques que doit posséder un chef d’agence de microfinance
- Dispose de solides connaissances économiques, juridiques, financières et en microfinance
- Maitrise la stratégie, le fonctionnement et l’organisation d’une institution de microfinance
- Connait les produits de la microfinance
- Maitrise les techniques de vents et de prospection
- Connait le marketing : ciblage, analyse des besoins de la clientèle, environnement, offre de la concurrence
- Possède les techniques d’animation, d’organisation et de communication
- Maitrise la réglementation de la microfinance mais aussi du droit du travail et toutes réglementations s’appliquant aux agences.
- Maitrise les outils informatiques
- Domine les techniques de sécurité des personnes et des biens
- Maitrise la gestion du risque
- Connaitre la Prévention contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LAB-FT).
Savoir-être et savoir-faire du chef d’agence de microfinance
- Savoir organiser, gérer le temps de travail, répartir les tâches
- Savoir motiver les collaborateurs et l’équipe
- Savoir contrôler
- Faire preuve d’initiative et de leadership
- Faire preuve de capacités relationnelles
- Aimer communiquer
- Savoir conduire un entretien commercial
- Savoir comprendre les besoins exprimés par les clients
- Savoir rendre compte de son activité.
La formation pour des responsables d’agences de microfinance proposée par l’école de la microfinance à COTONOU
Lien vers la formation « Le parcours de formation du Chef d’agence »
Le(la) responsable d’agence en microfinance a un profil de chef d’entreprise : c’est à la fois un financier, un commercial, un gestionnaire et un manager. La formation proposée par l’école de la microfinance permet d’apporter aux stagiaires la connaissance de toutes les activités d’une microfinance et de faire comprendre aux futurs chefs d’agences de microfinance toutes les responsabilités qu’ils devront assumées.
La formation vise à développer les compétences techniques de gestion et d’organisation d’agence mais aussi à développer des compétences en matière de gestion des ressources humaines à l’aide de méthodes et d’outils de communication et de management en prenant en compte la dimension comportementale liée à ce métier.
Le Chef d’Agence en Microfinance est un manager : le chef d’agence de microfinance assume de nombreuses responsabilités. Il doit motiver son équipe, assurer le meilleur service pour la clientèle, assurer la croissance du portefeuille de l’agence. Il doit chercher à limiter les risques financiers et à accroître le chiffre d’affaires.
L’école de la microfinance propose une formation spécifique « le parcours de formation du Directeur d’Agence en Microfinance » essentiellement basée sur des cas pratiques pour donner aux apprenants des outils et des techniques leur permettant d’apporter les meilleures réponses aux situations qu’ils rencontrent au quotidien.
Les PLUS de la formation organisée à COTONOU
1 La formation est organisée à COTONOU ce qui peut éviter des frais de déplacement
2 La formation n’est accessible qu’aux professionnels de la banque ou de la microfinance.
3 La formation « Le parcours de formation du Directeur d’agence en microfinance » est très concrète avec de multiples exemples. Elle a pour objet d’apprendre à piloter et à développer l’activité de leur agence.
4 La formation est animée par L’école de la microfinance de Nantes (France) en collaboration avec des praticiens béninois ayant une bonne expertise en microfinance.
Le mobile banking – Les services financiers numériques (SFN).
Le taux de bancarisation reste une préoccupation majeure des autorités dans de nombreux pays d’Afrique.
Le taux très faibles de bancarisation peut s’expliquer par différents facteurs :
- Par l’absence de connaissances financières et donc l’absence de besoin ;
- Par le manque de confiance envers les dépositaires des dépôts d’épargne en particulier dans les micro-finances.
- Par la quasi absence d’échange d’argent notamment dans les zones rurales
- Par les habitudes en secteur informel de ne payer les produits et les services qu’avec des espèces.
- Par l’éloignement des agences de banque ou de microfinance.
Les services financiers numériques (SFN)
Les opérateurs et distributeurs, banques et EMF, proposent la gamme classique des SFN, via le Mobile Money, à savoir :
Le retrait d’argent,
Le transfert d’argent ,
La réception de transferts d’argent internationaux
L’achat d’unités et forfaits téléphoniques,
Le paiement auprès des commerces de proximité et des transporteurs
Les usages du Mobile Money portent principalement sur l’achat de crédits téléphoniques, mais aussi pour effectuer des retraits, des paiements auprès des commerçants et des entreprises, recevoir de l’argent, ou encore pour régler leurs factures d’eau, d’électricité ou d’abonnement TV.
Lien vers la formation aux fondamentaux de la microfinance en cliquant sur le lien ci-après :
Le paiement par téléphone permet de disposer d’un point financier de proximité
La population pauvre s’est équipée de téléphone et peut disposer grâce aux opérateurs téléphoniques d’un moyen de paiement permettant de faire quelques :
- déposer et retirer de l’argent
- envoyer et recevoir de l’argent
- paiement de facture: (eau, électricité ….)
- achats de biens et services
Pour Abdou Diop, directeur Associé chez Mazars Maroc, «le mobile money a participé à hauteur de 30% en moyenne dans plusieurs pays en Afrique à l’inclusion financière de la population, principalement dans les zones rurales». citation depuis Finances News du Jeudi 21 Novembre 2019 –
.Avec le paiement par téléphone, voici un grand pas pour l’inclusion financière. On lira l’expérience ci-dessous au Kenya qui peut réellement simplifier la vie de ceux qui n’ont pas de compte en banque.
La mise en place de micro-crédits est difficile à envisager pour les opérateurs téléphoniques sauf à créer une banque digitale :
L’usage du scoring par l’opérateur téléphonique.
Les opérateurs de téléphone ont une certaine connaissance des habitudes de leurs clients qui achètent régulièrement des recharges pour effectuer leurs paiements.
Il leur est donc relativement facile d’effectuer des scorings afin de définir des clients surs qui pourraient bénéficier d’une avance de consommation.
Le système de scoring des clients, permet d’évaluer la capacité de remboursement, car l’opérateur téléphonique prête à ceux qui ont été détectés comme ayant des comportements de remboursement en adéquation avec les durées de remboursement prévues.
Ainsi le client pourrait taper dans sa réserve d’argent et devrait ensuite payer un intérêt à l’opérateur téléphonique. On ne peut imaginer un tel système que pour des montants de crédits très faibles.
Pourtant Orange money a lancé sa banque 100% digitale en Côte d’Ivoire.
Soutenant la stratégie de diversification du groupe, Orange Bank Africa entend participer au renforcement de l’inclusion financière sur le continent, en proposant des crédits à partir de 5 000 Fcfa, disponibles en quelques secondes depuis son mobile, ainsi qu’une épargne rémunérée.
Quelques limites :
- Quelles sont les possibilités pour l’opérateur téléphonique de faire un scoring de qualité à partir uniquement de données récupérées lors de l’achat de cartes de paiement ?
- L’opérateur téléphonique se retrouvera directement en concurrence avec les agences de banque et de microfinance. Il faut noter comme en particulier l’agence de microfinance fait un travail autrement plus complexe auprès de ses clients en réalisant la formation et l’éducation financière du client et l’accompagnement de l’emprunteur dans son métier d’auto-entrepreneurs .
- Le crédit via l’opérateur téléphonique n’est-il pas un encouragement à la consommation qui relancera l’inflation et peut mettre des personnes ne difficulté de remboursement.
- En octroyant des crédits l’opérateur téléphonique fait de la création monétaire, est-ce à die qu’il est un opérateur financier ? Dans ce cas à l’instar des banques et des micro-finances, il devra faire un reporting périodique à la banque centrale.
L’usage du paiement par téléphone portable est appelé à devenir une norme.
Les agences de micro-finance doivent se préparer pour répondre à la demande. Le fait de ne pas devoir se déplacer pour rembourser son échéance de crédit est un gain de temps considérable pour les emprunteurs car le temps du déplacement est pris sur le temps de production ou sur le temps de vente et beaucoup d’IMF exigent un remboursement hebdomadaire.
Orange Money en Afrique
En Afrique, en 2020, Orange Money, c’est plus de 50 millions de clients dans une quinzaine de pays. Surfant sur cette réussite, le groupe cherche à « démocratiser » l’accès aux services bancaires en Afrique, à travers OBA qui devrait faire l’objet d’un déploiement progressif dans 3 nouveaux pays d’ici la fin de l’année 2021 (Sénégal, Mali et Burkina-Faso). « Orange Banque Africa propose des produits de crédit et d’épargne accessibles facilement et instantanément depuis Orange Money. C’est une très belle étape, car le crédit et l’épargne sont 2 facteurs indispensables de développement économique.
Le paiement mobile dans la zone BCEAO
Le texte ci-dessous est extrait d’un article de Financial Afrik paru le 31 octobre 2019 par Ibrahima Jr Dia :
Ibrahima Dia est économiste de formation, passionné des questions de développement, suit l’actualité financière africaine au jour le jour.
Dans son discours d’allocution, Tiemoko Meyliet Koné, Gouverneur de la BCEAO, a déclaré que l’avènement des finTech va révolutionner les modes de consommations. «Il est impératif de trouver d’autres alternatives afin de s’adapter à cette nouvelle donne, en créant un environnement propice et favorable pour booster l’activité numérique», poursuit le gouverneur, se réjouissant de la croissance de l’activité monétique au niveau de l’UEMOA. «Le nombre de comptes de monnaie électronique est ressorti à 62,9 millions à fin 2018 contre 25 millions en 2015, soit une hausse moyenne annuelle de 38%».
Cet élan monétique a entraîné le taux d’inclusion financière, passé de 26% en 2010 à 57,1% en 2018, avec une contribution de services financiers numériques dépassant le tiers.
L’objectif est d’atteindre, sur un horizon de 5 ans, un taux d’inclusion financière de 75%, a rappelé le patron de la banque des banques.
En outre, le gouverneur a indiqué que l’année 2019 a vue l’avènement de la première banque digitale de l’Union, 100% mobile. Cette banque, souligne-t-il, a mis à la disposition de ses clients des services de paiement, d’épargne ainsi que de crédits à la consommation et immobilier.
Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale (BM), est convaincue que l’Afrique, leader mondial du Mobile Money, peut utiliser les nouvelles technologies pour assoir son développement.
La responsable a indiqué que les chiffres enregistrés pour le compte du mobile banking sont révélateurs.
La part des adultes en Afrique subsaharienne ayant un compte de monnaie électronique a presque doublé pour atteindre 21 %, et près de 10 % du PIB en Asie et moins de 2% du PIB dans les autres régions.
Près de 150 personnes (cadres, gouverneurs de banques centrales, …) participent à cette conférence, qui a pour but d’échanger sur les enjeux, défis et perspectives que représente l’émergence des Fintech pour les pays en développement.
Le paiement mobile au Kenya
L’après-midi touche à sa fin dans le village kenyan d’Ukwala, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière ougandaise. L’air est redevenu doux après la fournaise de la journée. La bonne heure pour sortir. Femmes et enfants s’activent pour aller chercher de l’eau. A la main, deux bidons… et leur téléphone portable. A Ukwala en effet, le puits d’eau saumâtre a été remplacé par une pompe à eau filtrante que les habitants tirent après avoir payé leur droit d’accès par SMS, via M-Pesa.
Situation au Kenya
Reproduction d’un article publié le 6 mars 2014 par HCN 24 Horn Africa sous la signature de Séverine Lebouche
Depuis le lancement du système par Safaricom, en 2005, le paiement mobile est une réalité du quotidien dans le moindre village du pays. 16 millions de personnes y ont souscrit. Car pour ouvrir un compte, rien de plus simple, même si l’on ne dispose que d’un téléphone basique: il suffit de rendre visite à l’un des 60 000 agents recrutés par l’opérateur de téléphonie, de se créer un mot de passe et de déposer quelques centimes d’euros en liquide sur ce nouveau compte.
A 500 kilomètres de là, dans le quartier d’affaires flambant neuf de Nairobi, la grouillante capitale, Betty vante les bienfaits de M-Pesa: « Avant, pour aider ma famille, je devais faire venir ma soeur, chaque mois, à Nairobi, et elle repartait avec du cash. » Une démarche coûteuse, dangereuse et chronophage pour cette dynamique trentenaire qui, enceinte de six mois, enchaîne les rendez-vous d’affaires. Aujourd’hui, c’est en un clic qu’elle envoie l’argent à ses parents, via son téléphone.
Un gain de temps considérable pour les emprunteurs qui n’ont plus besoin de se déplacer.
Un gain de temps tout aussi crucial pour les micro-entrepreneurs. A Kisumu, au bord du lac Victoria, un petit groupe de femmes bénéficiaires d’un microcrédit se réunit, comme chaque semaine, sous l’arbre de la petite école du quartier. Ici, on utilise M-Pesa pour les remboursements. La voix posée, le regard franc, son cahier sur ses genoux, Mary tient les comptes: « Chacune de nous fait le virement depuis son mobile avant de venir aux réunions.
Une société sans cash?
« Nous allons bien plus vite pour faire nos comptes que lorsque nous remboursions en liquide. » Pour cette entrepreneuse qui tient un petit commerce de crème pour les pieds, c’est autant de temps en plus pour vendre ses produits.Une société sans cash? Certains en rêvent.C’est le cas de l’institution de microfinance Juhudi Kilimo, qui verse ses prêts directement sur le compte M-Pesa de ses bénéficiaires. Eux-mêmes remboursent par SMS.
La vache achetée grâce au microcrédit peut être payée par téléphone.
Quant à la vache achetée grâce au microcrédit, elle peut elle aussi être payée par téléphone. Un saut technologique dont profite Fred, le commercial de Juhudi Kilimo en charge des petits exploitants de thé sur les hauteurs de Kericho: « Je pars en rendez-vous uniquement avec mon smartphone », explique le jeune homme, chemise blanche et mocassins, qui sillonne en moto les chemins de terre conduisant à ses clients. Dans son téléphone Android, l’ensemble des dossiers et une application lui permettant d’instruire à distance toutes les demandes de prêts.
Si M-Pesa facilite indéniablement les paiements, il n’est pas à proprement parler un outil de bancarisation de la population. L’argent déposé sur le compte ne rapporte aucun intérêt et il faut payer pour le retirer en liquide. Du moins jusqu’à récemment. Safaricom vient, en effet, de s’allier à une banque pour offrir un véritable compte d’épargne rémunéré, donnant également accès à des microcrédits. Ce service a été dénommé M-Shwari, c’est-à-dire « pas de tracas », en swahili. Grâce à la force de frappe marketing de l’opérateur téléphonique, il a conquis 20000 nouveaux clients par jour les premiers mois de son lancement. Comme avec M-Pesa, le Kenya -au 157e rang mondial pour son PIB par habitant- se révèle, une fois de plus, à la pointe de l’innovation en matière d’inclusion financière.
Le mobile banking au Nigeria
La banque Centrale du Nigéria affirme avoir desserré sa politique de réglementation sur le mobile money en faveur des entreprises de télécommunications.
Mais qu’elle ne va pas encore octroyer des licences à ces dernières.
Selon ITPulse, la CBN a reconnu que les entreprises de télécommunications possèdent une vaste infrastructure réseau à travers le pays, permettant « aux agents de mobile money » de travailler efficacement grâce à leur large couverture.
Les entreprises de télécommunications ont des plateformes, des réseaux étendus avec lesquels les services de mobile banking peuvent bien prospérer, mais la CBN refuse encore de concéder les licences aux opérateurs.
Par crainte de favoriser la concurrence entre ces derniers et les banques.
La CBN a donc encouragé les opérateurs télécoms à s’associer avec les banques et d’autres institutions financières agréées pour le développement du mobile banking.
Musa Itokpa Jimoh, directeur adjoint de la Direction des Systèmes de paiement bancaire à la CBN affirme que la progression du mobile banking a été très lente au Nigéria.
Surtout que le pays se vante d’avoir plus de 146 millions d’abonnés mobiles actifs.
Plusieurs enquêtes ont attribué la lenteur de cette progression à la faible sensibilisation du public.
Mais bien d’autres défis restent à relever: le faible nombre d’agents de terrain ainsi que l’insuffisance des infrastructures.